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Projet de démonstration SIPA
Le projet de démonstration SIPA a été financé par
le « Fonds pour l'adaptation des services de santé » (FASS)
de Santé Canada par une subvention de 7,6 millions de dollars
et par le ministère de la Santé et Services sociaux
du Québec pour créer et évaluer un projet
de démonstration fondé sur le modèle SIPA.
Mise en oeuvre
Le projet de démonstration SIPA était un programme communautaire
ayant la responsabilité clinique et administrative de l'ensemble des
services requis par des personnes âgées fragiles. Les services
cliniques du projet de démonstration se sont organisés autour
d'une équipe multidisciplinaire et d'un gestionnaire de cas. Le plan
de services, son exécution et son suivi ont été de la
responsabilité de cette équipe et de ses intervenants. Le projet
de démonstration a opéré dans le contexte des lois canadiennes
et québécoises de santé. Il représente, par l'addition
de ressources communautaires significatives, par la gestion de cas, par un
fonctionnement en équipes de soins, par la responsabilité clinique
de l'ensemble des soins et la coopération entre établissements,
une transformation importante des façons de faire du réseau de
la santé et des services sociaux du Québec. Ses orientations
et ses modalités d'opération respectent les orientations des
efforts de transformation actuels du réseau.
Le projet de démonstration a eu lieu sur deux sites de
CLSC situés à Montréal, c.-à-d., le
CLSC Côte-des-Neiges et le CLSC Bordeaux-Cartierville. À la
différence du modèle SIPA, le projet de démonstration
ne détenait pas la responsabilité financière
des soins et services de courte et de longue durée utilisés
par les personnes âgées admises.
Évaluation
L'évaluation du projet de démonstration a été confiée
par la RRSSSM-C au Groupe SOLIDAGE de recherche sur les services intégrés
pour les personnes âgées des universités de Montréal
et McGill.
L'évaluation devait permettre d'examiner la capacité du
projet de démonstration d'appliquer les modèles clinique
et d'organisation du modèle SIPA, de modifier la configuration
des soins et services, de contrôler les coûts et d'assurer
des soins de qualité. En d'autres mots, le but du projet
de démonstration et d'évaluation était d'examiner
si le SIPA, en comparaison au système actuel, était
capable de répondre aux besoins des personnes âgées
vulnérables par des soins et services appropriés
et de qualité et cela à un coût égal
aux services actuellement disponibles à ces personnes.
Les objectifs de l'évaluation du projet de démonstration
SIPA visaient :
1) À examiner la capacité d'implanter et d'organiser les services
selon le modèle SIPA;
2) À apprécier la qualité des services et des soins offerts
;
3) À examiner la capacité du SIPA de répondre aux besoins
des personnes âgées fragiles et à vérifier son impact
sur leur état de santé ;
4) À s'assurer que les configurations d'utilisation des services se
conformaient au modèle SIPA ; et
5) À obtenir une estimation et à comparer les coûts des
services du groupe SIPA à ceux d'un groupe comparable de personnes âgées.
L'évaluation a utilisée de multiples démarches
méthodologiques dans lesquelles différents devis
d'étude, plusieurs procédures d'observation et d'analyse
de données furent utilisées. L'évaluation
a nécessité la collecte de plusieurs types de données,
incluant des données sur l'implantation et l'organisation
du SIPA, sur la qualité des soins, sur la santé des
personnes âgées et des personnes soutien, sur leur
utilisation des services sociaux et de santé et sur les
coûts des services.
Critères d'admissibilité
Les personnes âgées recrutées pour le projet de démonstration
ont été identifiées parmi les patients de 65 ans et plus
inscrits aux services à domicile des CLSC Côte-des-Neiges et le
CLSC Bordeaux-Cartierville. Les personnes âgées ont été sollicitées
par le personnel clinique du service à domicile du CLSC pour une évaluation
de leurs capacités fonctionnelles selon l'instrument SMAF (Hébert
et al., 1988). Cet instrument est intégré au formulaire Multi-clientèle
utilisé par les CLSC de la région de Montréal pour établir
le profil de besoin des personnes admises au programme de maintien à domicile.
Les personnes avec un score SMAF de 10 et plus ont été invitées à participer à l'étude.
Les personnes qui ne satisfaisaient pas à ce critère d'admissibilité ont été exclues
de l'étude. Les personnes exclues et les personnes éligibles
qui refusaient de participer à l'étude ont reçu les services
réguliers des CLSC.
Devis de recherche
Étude de cas : La stratégie de recherche retenue pour analyser
l'influence du contexte organisationnel et inter-organisationnel sur le degré de
mise en œuvre du SIPA a été l'étude de cas (Yin, 1989).
Chacun des sites d'expérimentation a constitué une unité d'analyse
qui a été suivie de façon longitudinale afin d'en saisir
la dynamique d'implantation (Patton, 1990).
Devis expérimental : Un devis expérimental (de type étude
clinique randomisée) a été utilisé pour évaluer
l'utilisation et les coûts des services, ainsi que l'état
de santé des personnes âgées fragiles et de
leurs personnes soutien. Au total, 1230 personnes âgées
fragiles ont été recrutées. Ces personnes
ont été assignées de façon aléatoire
au groupe expérimental (soins selon le modèle SIPA)
ou au groupe témoin (soins habituels offerts par le CLSC).
Consentement
Le consentement à participer à l'étude a inclus un accord
sur l'assignation au hasard au groupe expérimental ou au groupe témoin,
la participation à des entrevues avec questionnaire ouvert ou fermé et
l'accord pour la consultation des dossiers sociaux, médicaux et hospitaliers
et des fichiers administratifs MED-ECHO du ministère de la Santé et
des Services sociaux du Québec et de la Régie de l'assurance
maladie du Québec (RAMQ).
Recrutement
Le recrutement a été fait de janvier à août 1999.
Les participants à l'étude ont été assignés
aléatoirement au groupe expérimental ou au groupe témoin.
Les personnes ont été exclues du projet de démonstration
si elles prévoyaient un déménagement dans une période
de six mois hors des territoires des CLSC, si elles étaient en attente
d'hébergement dans une institution de soins prolongés, si le
consentement d'une personne soutien ne pouvait être obtenu pour une personne
incapable de fournir un consentement éclairé ou si la personne-soutien
principale refusait de participer à l'étude. Une personne au
domicile de la personne admissible devait comprendre le français ou
l'anglais.
Cueillette de données
Différentes procédures de cueillette ont été employées
: observations directes, études de dossiers, entretiens semi-dirigés,
entrevues, questionnaires fermés, dossiers sociaux, médicaux
et hospitaliers et fichiers administratifs. L'étude de l'implantation
et de l'organisation a utilisé l'observation et les entrevues ouvertes.
L'analyse de la qualité des soins a porté sur des observations
qualitatives et quantitatives. L'état de santé, le statut socio-économique,
l'aide reçue, une partie de l'utilisation des soins et services, les
coûts privés du maintien et le fardeau pour les personnes soutien
ont été saisis par questionnaires fermés. L'utilisation
des soins et des services et leurs coûts ont été obtenus
par la consultation des dossiers sociaux, médicaux et hospitaliers des établissements
et par le recours aux fichiers informatiques des établissements, de
la Régie régionale de la santé et des services sociaux,
et du Ministère de la Santé et des Services sociaux.
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